Le vendeur de journaux

Il est à la sortie du métro
Et distribue les journaux
Qu’il est allé chercher très tôt
Alors que je dormais bien au chaud.

Il se tient en haut des escaliers.
A mon réveil, il est déjà là.
Lorsque j’éteins, il est encore en bas.
A cette station, par quoi est-il lié ?

En échange de son papier,
Il demande un peu de monnaie.
Il apostrophe ceux qu’il reconnaît
Qui vivent ou passent dans le quartier.

Aux jeunes, un grand carton sous le bras :
« Alors, l’Esra, comment ça va ? »
Aux personnes d’un certain âge
Il raconte quelques-uns de ses voyages.

Cet homme qui dort en banlieue
Connaît en effet beaucoup de lieux.
Je l’ai entendu dire qu’il voyageait en été.
Il sait beaucoup, est d’une grande curiosité.

Mais je pense qu’il vit de peu de choses
Et que sa vie n’a pas dû être toujours rose
Pour attendre ainsi une pièce, une parole
Sous le soleil de plomb ou la neige qui vole.

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Le merle

Aujourd’hui c’est la fête,
Le merle chante à tue-tête.
L’air est froid, le ciel bleu.
Ca le rend tout heureux.

Ce beau merle vêtu de noir
Pour la vie établit son territoire.
De ce son cristallin, il appelle
Celle qui sera sa femelle.

Je ne suis plus à Paris, je suis sur pause
Je courrais pour pas grand-chose.
Pour des courses de chaque jour,
Rien qui vaille ce chant d’amour.

Comme une bulle me voici légère
Car soudain voici que j’espère :
« Bientôt viendra le printemps »
Annonce le merle chantant.

Je voudrais que son chant pur,
Qui résonne sur cette place, dure…
Car j’aime cet air de fête,
Et le merle qui chante à tue-tête.

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Effacé !

Extérieur : brouillard.

Intérieur : Un enfant devant une fenêtre
.
« Regarde, maman, ils ont tout effacé ! »
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Ambiguïté

Amour, je t’appelle.
Même absent, irréel.
Je ne te nomme pas
Et te parle tout bas.

Je te fabrique unique
Un peu comme aucun.
Comme un puzzle magique
Avec un peu de chacun.

Avec eux, mes éphémères,
Je crains de te confondre.
Je te préfère chimère
Pour eux peux-tu répondre ?

Désormais égoïste
J’ai peur de me donner
Peur de m’abandonner.
Je sais que je résiste.

Et s’il est habituel
Qu’Amour, je t’appelle,
Renonce à exister,
Je suis Ambiguïté.

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Cirque d’hiver

J’aime les lions méchants.
Ils m’ont bien plu.
Mais hypnotisé, me penchant
Je ne parle plus.

Ils brillent, leurs yeux.
Vont-ils manger le monsieur ?
Ils lèvent la patte
Bien haut, toute droite.

Les clowns se renversent de l’eau,
Se cassent des œufs sur la tête,
Jouent de la trompette
Et crient, c’est rigolo !

Une dame se tourne
Et se retourne,
Une corde lisse
Autour de la cuisse.

Un poney court. Ca balance.
Un petit chien court dans l’autre sens,
Et complètement déchaîné,
Saute sur le poney.

Je grimpe sur les genoux de ma mère.
Des gens sautent en l’air
Et en un tournemain
Ils s’attrapent par la main.

J’ai vu aussi une roulotte
Avec des chèvres rigolotes,
Des enfants avec des ballons,
Des lamas qui tournaient en rond.

Il y avait aussi des chevaux blancs qui deviennent bleus
Et encore beaucoup d’autres choses à voir :
Mais ce qui m’a rendu le plus heureux
Ce sont les lions méchants, vous pouvez me croire !

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Pluie

Il
pleut des cordes.


Torrents dans les caniveaux.


Plaisir des enfants liants.
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Parapluie

Parapluie inconstant
Qui se retourne avec le vent.
Baignoire à baleines.
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